LE DROIT INTERNATIONAL
Dr. Mauricio Ejchel
MF Ejchel International Family Law
OAB/SP 135.158
Droit international : objet, formation et sources
Le droit international ne se limite pas aux règles de coexistence extérieure entre deux pays. Dans sa dimension publique, il régit les relations juridiques de la société internationale, avec la participation des États, des organisations et, selon le régime considéré, des individus. Dans sa dimension privée, il examine la coordination des ordres juridiques face aux relations comportant des éléments étrangers. Identifier ce lien commence l’analyse, sans prédéterminer l’autorité compétente ni la norme applicable.
Sa formation historique associe pratiques diplomatiques, commerce, conflits, pactes et différentes traditions de pensée. La reconstruction de l’Europe après le monde romain constitue un angle de recherche possible, mais ne permet pas de situer comme consensus doctrinal la naissance de toute la discipline au Moyen Âge. La consolidation des États et des formes de coopération appartient à un processus plus large, irréductible à un passage linéaire de la guerre au commerce.
Les traités jouent un rôle central dans ce développement, sans épuiser les sources. L’article 38 du Statut de la Cour internationale de Justice distingue conventions, coutume et principes généraux, tout en identifiant décisions judiciaires et doctrine comme moyens auxiliaires de détermination des règles. Cette disposition éclaire les matériaux employés par la Cour ; elle ne transforme pas toute opinion universitaire ou tout précédent en prescription universellement contraignante.
Alliances, accords de paix et instruments commerciaux montrent la diversité des finalités des pactes internationaux. La Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités, promulguée au Brésil par le décret n° 7.030/2009 avec réserves aux articles 25 et 66, fournit un régime pour les traités entre États. Son utilisation exige d’identifier l’instrument, les parties, le champ matériel et temporel et les conditions pertinentes de production d’effets.
Institutions et instruments de coopération
La Société des Nations, l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation des États américains appartiennent à l’histoire de l’organisation et de la coopération internationales, mais n’ont ni identité institutionnelle ni compétences interchangeables. Les tribunaux et organisations ne doivent pas non plus être réunis dans une catégorie indistincte de producteurs de traités. La source de compétence de chaque entité doit être examinée avant de lui attribuer une fonction.
La Cour internationale de Justice admet les États comme parties aux procédures contentieuses selon l’article 34 de son Statut ; sa compétence dépend des fondements de l’article 36. La Cour pénale internationale, régie par le Statut de Rome, exerce une compétence pénale sur les personnes dans les limites de cet instrument et selon la complémentarité avec les juridictions nationales. Elle n’est pas une instance générale de révision des litiges privés présentant un lien étranger.
Il n’existe pas davantage une « Convention de La Haye » dont découleraient indistinctement les régimes des armes chimiques, des aliments et de la traite des personnes. Ces instruments ont leurs objets et parcours propres. La convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction a été promulguée par le décret n° 2.977/1999. Le recouvrement international des aliments et le protocole sur la loi applicable aux obligations alimentaires, conclus à La Haye en 2007, ont été promulgués par le décret n° 9.176/2017. La présence de deux instruments dans ce dernier décret exige de distinguer coopération au recouvrement et détermination du droit applicable.
Le protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, complète la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et a été promulgué par le décret n° 5.017/2004. Identifier ces textes ne certifie pas leur application à toute situation : objet, champ et relation entre pays doivent être vérifiés séparément. La proximité thématique ne permet ni de fusionner les conventions ni d’attribuer leur origine au même forum.
Le droit international public
Le droit international public comprend les normes relatives aux sujets, compétences, responsabilité, coopération et règlement des différends dans la société internationale. Son objet ne se définit pas seulement par l’intérêt collectif ou le caractère public d’une institution. Les droits et devoirs des individus peuvent aussi relever de régimes spécifiques, tandis que la participation d’un État à une relation économique ne résout pas, à elle seule, toutes les questions de qualification juridique.
Les liens avec le droit constitutionnel, administratif, fiscal et pénal sont pertinents, mais ne créent pas une législation supraconstitutionnelle uniforme pour tous les pays. Droits fondamentaux, organisations internationales, fiscalité transfrontalière et répression des crimes possèdent leurs sources et méthodes propres. La classification universitaire aide à systématiser ; elle ne dispense pas d’identifier la norme contraignante ou la procédure compétente pour l’appliquer.
Souveraineté et autodétermination des peuples doivent être articulées avec les obligations internationales, sans devenir des justifications d’ingérences arbitraires. La Charte des Nations Unies régit l’égalité souveraine, le règlement pacifique et l’interdiction de la menace ou de l’emploi de la force. L’article 2, §§ 4 et 7, le chapitre VII et l’article 51 ont des fonctions et conditions distinctes. Un désaccord politique ou l’invocation générale des droits humains ne constitue pas une autorisation indifférenciée d’intervention militaire.
Au Brésil, l’article 4 de la Constitution réunit les principes des relations internationales, notamment indépendance nationale, primauté des droits humains, autodétermination, non-intervention et règlement pacifique des conflits. L’évaluation juridique d’une mesure concrète exige de confronter ces fondements à la compétence institutionnelle et à la norme internationale invoquée, plutôt que présumer légitimité ou illicéité selon les affinités politiques des intéressés.
Le droit international privé et son rapport avec la dimension publique
Le droit international privé traite de compétence, loi applicable, coopération et efficacité des actes étrangers dans les relations privées internationalement liées. Commerce, organisation sociétaire, propriété immobilière, famille et successions en fournissent des exemples. Les règles matérielles de chaque domaine restent pertinentes : choisir le droit applicable à un contrat ne revient pas à résoudre son contenu, et déterminer le for n’implique pas nécessairement d’appliquer la loi du même pays.
La distinction avec le droit international public ne supprime pas les points de contact. Les traités peuvent créer des mécanismes de recouvrement, circulation des décisions et communication procédurale bénéficiant aux particuliers. Les règles internes coordonnent aussi les ordres juridiques, comme la Loi d’introduction aux normes du droit brésilien. L’activité transnationale ne dépend pas toujours d’un traité particulier préalablement conclu entre les États concernés.
L’unité ou l’autonomie de ces disciplines relève d’une construction doctrinale. Dans le travail juridique, leur rapprochement doit préserver les différences de sujets, sources et effets. Qu’une opération privée génère des impôts finançant des activités publiques ne rend pas identiques le contrat commercial, l’obligation fiscale et l’engagement international de l’État. Chaque relation exige un fondement et une qualification propres, même dans un contexte économique commun.
De même, la possibilité pour un individu d’acquérir des biens d’un autre pays ne dépend pas de la seule orientation politique des gouvernements respectifs. Il faut examiner les normes effectivement applicables à l’opération, notamment les restrictions commerciales éventuelles, exigences douanières ou mesures particulières. L’opposition entre « intérêt public » et « intérêt privé » ne remplace pas cet examen et ne permet de présumer ni interdiction ni liberté illimitée.
Le pouvoir judiciaire et l’internationalisation du droit
Un juge brésilien peut appliquer le droit étranger lorsque la règle pertinente le prévoit. La LINDB contient des dispositions sur les questions personnelles et familiales, les biens, obligations et successions, notamment aux articles 7 à 10. Le lien avec un autre pays n’écarte pas, à lui seul, la compétence brésilienne, et la compétence d’un organe national ne rend pas nécessairement brésilienne la loi matérielle applicable.
L’article 7 de la LINDB utilise le domicile pour certaines questions personnelles ; cela ne transforme pas toute question de capacité procédurale en application automatique de la loi domiciliaire. Le problème doit être qualifié avant le choix de la règle de rattachement. Selon l’article 14, le juge qui ne connaît pas la loi étrangère peut exiger la preuve de son texte et de sa vigueur. L’article 17 limite l’efficacité des lois, actes, jugements et déclarations étrangers au regard de la souveraineté nationale, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
La détermination de la compétence internationale constitue une étape distincte. Les articles 21 à 23 du Code de procédure civile établissent les hypothèses de compétence brésilienne et les matières réservées à l’autorité nationale. Un fait survenu ou un acte accompli au Brésil est l’un des critères légaux, non un fondement permettant d’affirmer que toute situation liée au territoire relève sans exception du seul for brésilien. Les autres dispositions et traités applicables doivent aussi être considérés.
Les décisions étrangères peuvent produire des effets au Brésil selon le régime de reconnaissance pertinent. L’article 105, I, i, de la Constitution attribue au Superior Tribunal de Justiça l’homologation des jugements étrangers et l’octroi de l’exequatur aux commissions rogatoires. Les articles 960 à 965 du CPC régissent la matière, avec des conditions et limites excluant tant le refus général d’efficacité que l’admission automatique de toute décision.
L’article 961, § 5, du CPC prévoit que le jugement étranger de divorce consensuel produit ses effets sans homologation par le STJ. Cela ne dispense pas d’examiner son contenu réel et les exigences applicables aux effets recherchés. Les demandes concernant patrimoine, aliments, garde ou d’autres chefs nécessitent leur propre qualification ; la dénomination du document ne résout pas isolément son traitement.
La coopération internationale suit les articles 26 à 41 du CPC et l’instrument pertinent. Entraide directe, commission rogatoire et homologation ne sont pas les étapes obligatoires d’une séquence unique : leurs objets et conditions diffèrent. L’Autorité centrale reçoit et transmet les demandes selon ses attributions ; la décision judiciaire appartient à l’organe compétent. Documents, langue, contradictoire et finalité de l’acte doivent être organisés selon la voie choisie.
Le rapport entre droit international et droit national
Il n’existe aucune réponse uniforme de primauté applicable à toute norme internationale et à toute matière interne. Il faut distinguer le fondement de l’engagement international, son processus de formation, ses effets internes et sa place constitutionnelle. Coutume, traité et acte institutionnel ne suivent pas nécessairement le même parcours de formation ou de démonstration.
Pour les traités, les articles 49, I, et 84, VIII, de la Constitution répartissent les attributions entre le Congrès national et le Président de la République. L’approbation parlementaire ne doit pas être confondue avec toutes les étapes de conclusion et d’exécution d’un engagement. Le texte de l’instrument, l’acte de promulgation et l’état international fournissent des informations différentes ; signature, ratification et entrée en vigueur ne sont pas équivalentes.
L’article 5, § 2, admet les droits et garanties découlant des traités auxquels le Brésil est partie. Son § 3 établit une équivalence avec les amendements constitutionnels pour les traités et conventions relatifs aux droits humains approuvés dans chaque chambre du Congrès, en deux tours, par trois cinquièmes de ses membres. Cette disposition particulière ne permet ni d’affirmer que tout traité soit supraconstitutionnel ni que toute règle internationale entre automatiquement en droit interne de la même manière.
L’application professionnelle exige donc d’identifier la source et de démontrer pourquoi elle lie les sujets considérés. Il faut ensuite examiner la portée de l’obligation, la règle interne pertinente et le mécanisme de résolution du conflit éventuel. Des critères abstraits sur la généralité ou l’objectivité d’un énoncé peuvent contribuer à la réflexion théorique, mais ne remplacent pas la preuve de la norme et de ses conditions d’application.
Formation et actualisation professionnelles
L’intensification des relations économiques, familiales et technologiques entre pays élargit la diversité des problèmes soumis à l’analyse juridique. Ce constat n’est ni une prévision de demande, ni une garantie de carrière, ni une autorisation d’exercer dans toute juridiction. Le travail exige de délimiter la mission, vérifier les sources, comprendre la procédure et coordonner les professionnels lorsque l’exécution dépend d’une habilitation ou connaissance locale.
L’approfondissement universitaire doit accompagner l’expérience et la révision continue des sources. Lire un traité exige d’en considérer le champ et l’état ; rechercher la jurisprudence suppose de distinguer la solution effectivement jugée d’une référence incidente ; le conseil pratique doit séparer exigences obligatoires et options stratégiques. La cohérence de la méthode transforme l’étendue du droit international en réponses appropriées au cas, sans réduire ses différences internes à une définition générique.
Lectures connexes
La formation et les limites d’habilitation sont examinées dans La pratique internationale du droit : comment se spécialiser ?. Pour les voies de coopération et l’exécution d’actes étrangers, consulter Commission rogatoire et exécution d’actes étrangers au Brésil. L’organisation de la carrière est développée dans Carrière en droit international — Avocat international.