MF Ejchel International Family Law · RESPONSABILITÉ PARENTALE

La garde des enfants au Brésil

Responsabilité partagée, résidence, maintien de contacts sûrs et questions supplémentaires lorsque les parents vivent dans des pays différents.

Un régime de garde brésilien doit préciser qui exerce la responsabilité parentale, où vit l’enfant et comment ses relations seront préservées en toute sécurité. Ces questions sont liées, mais ne se confondent pas. Une décision qualifiée en anglais de joint custody peut prévoir que l’enfant réside principalement chez un parent, tandis que la garde exclusive n’éteint pas automatiquement l’autorité parentale de l’autre.

Les familles internationales doivent opérer une distinction supplémentaire : la compétence des autorités brésiliennes, la résidence habituelle de l’enfant, le consentement au voyage et l’autorisation d’un transfert permanent de résidence doivent être établis séparément. Ni un passeport brésilien ni la nationalité d’un parent n’apportent de réponse complète. L’appréciation doit être guidée par les documents produisant leurs effets et par la situation réelle de l’enfant.

Garde partagée et garde exclusive en droit brésilien

Le Code civil reconnaît la guarda compartilhada et la guarda unilateral, principalement aux articles 1.583 et 1.584. La garde partagée concerne la responsabilité parentale conjointe et l’exercice des droits et devoirs relatifs à l’enfant. Elle ne se définit ni par une répartition automatique et égale des nuitées ni par l’exigence de deux foyers équivalents.

Les expressions physical custody et legal custody peuvent aider à expliquer certaines modalités à un lecteur étranger, mais ne doivent pas être présentées comme les deux catégories légales brésiliennes de garde. La traduction doit identifier les pouvoirs et restrictions prévus par la décision concernée, notamment lorsqu’elle est destinée à une procédure étrangère.

Une résidence principale et une répartition appropriée du temps peuvent coexister avec une responsabilité partagée. De même, des périodes importantes passées chez chaque parent n’exigent pas nécessairement un régime qualifié de guarda alternada. Le régime juridique, l’organisation de la prise de décision et le calendrier concret doivent être énoncés séparément plutôt que déduits du nombre de nuitées.

Autorité parentale et décisions concernant l’enfant

Les articles 1.630 à 1.634 du Code civil régissent le poder familiar, cadre de l’autorité parentale. L’article 1.632 prévoit que la séparation, le divorce et la dissolution d’une union stable ne suppriment pas, en eux-mêmes, la relation parentale. La suspension ou la perte de cette autorité suppose les fondements légaux et la procédure applicables ; elle ne doit pas être présumée du seul fait de l’attribution de la garde exclusive.

Un dispositif praticable doit distinguer les décisions importantes en matière d’éducation et de santé des décisions ordinaires prises pendant la période où un parent s’occupe de l’enfant. Il doit également préciser les droits à l’information, les situations urgentes et les modalités de résolution des désaccords. Il ne faut pas présumer que le parent chez qui l’enfant réside détient tous les pouvoirs importants au seul motif que le foyer principal s’y trouve.

L’article 1.583, paragraphe 5, et l’article 1.589 sont pertinents pour le suivi des intérêts de l’enfant et l’accès à l’information. Les établissements scolaires et les prestataires de soins doivent recevoir les dispositions précises produisant leurs effets, y compris les restrictions de protection. Des références générales à l’égalité parentale n’autorisent aucun des adultes à méconnaître une décision judiciaire déterminée.

Préférence pour la garde partagée et garanties face à la violence domestique

L’article 1.584, paragraphe 2, établit le régime de garde partagée lorsque les conditions légales sont réunies. Ses exceptions comprennent la déclaration d’un parent indiquant qu’il ne souhaite pas exercer la garde et les éléments révélant un risque probable de violence domestique ou familiale, à la suite de la loi 14.713/2023. Cette préférence ne doit donc pas être présentée comme une règle inconditionnelle applicable malgré une préoccupation de protection étayée.

L’article 699-A du Código de Processo Civil impose les vérifications prévues concernant la violence domestique ou familiale avant l’audience de médiation et de conciliation relative à la garde, avec la possibilité de présenter des preuves ou indices pertinents. La protection, les modalités de contact et l’organisation des remises de l’enfant doivent faire l’objet d’un examen concret. Un dispositif fondé sur une coopération directe peut être inadapté lorsque la coercition ou le danger rend cette coopération périlleuse.

Une allégation, une mesure de protection et une constatation définitive des faits ont des portées procédurales différentes. Le tribunal doit apprécier le risque sans considérer l’absence de condamnation pénale définitive comme la preuve qu’aucun besoin de protection n’existe. De même, la présentation du dossier doit préserver la distinction entre ce qui est allégué, ce que montrent les pièces et ce qui a été jugé.

Preuves relatives au bien-être, aux soins et aux besoins individuels

L’intérêt de l’enfant exige des éléments probatoires sur les soins effectivement apportés, les relations, l’éducation, la santé, la stabilité et la faisabilité du dispositif proposé. La nationalité, le genre et la comparaison des ressources ne sauraient remplacer cette analyse. Des affirmations non étayées sur la fréquence à laquelle la résidence est attribuée aux mères ou sur les raisons pour lesquelles elles auraient des horaires plus souples ne déterminent pas la solution appropriée à un cas individuel.

Un diagnostic en matière de santé mentale ne prouve pas automatiquement une inaptitude parentale. L’article 6 de la loi 13.146/2015 protège l’égalité des droits familiaux et parentaux dans le contexte du handicap. Lorsqu’une question de santé est pertinente, les éléments probatoires doivent porter sur le fonctionnement concret, le risque démontré, les soutiens appropriés et les limites de l’avis professionnel. L’allégation d’un parent ou une étiquette diagnostique ne doivent pas être traitées comme une évaluation complète.

Les besoins propres à l’enfant en matière de handicap, de développement ou de communication peuvent nécessiter des transitions adaptées, un aménagement des soins et une intervention professionnelle. Le dispositif doit répondre aux éléments individuels plutôt que prescrire une thérapie ou un mode de résidence unique pour tous les diagnostics. L’opinion de l’enfant doit être recueillie de manière appropriée, en tenant compte de son âge, de sa maturité, de sa sécurité et de son absence de soumission aux pressions des adultes.

Parents vivant dans des pays différents

La distance ne rend pas, à elle seule, la garde partagée juridiquement impossible. Dans le REsp 1.878.041/SP, le STJ a distingué la responsabilité partagée de la garde physique conjointe et reconnu que des parents peuvent participer aux décisions importantes tout en vivant séparément. Cette possibilité ne signifie pas que toutes les familles internationales doivent relever du même dispositif.

Le conseil doit d’abord déterminer la compétence des autorités brésiliennes et son articulation avec les procédures ou décisions étrangères. La nationalité de l’enfant, le lieu où un parent vit désormais et une demande en divorce ne règlent pas, indépendamment les uns des autres, toutes les questions de garde. Une décision étrangère peut nécessiter une reconnaissance ou un autre mécanisme approprié avant son exécution locale, tout en constituant un élément probatoire important.

Le dispositif doit définir l’échange d’informations, les consultations en matière d’éducation et de santé, la communication entre fuseaux horaires et la conduite à tenir lorsqu’une décision urgente ne peut attendre une réponse. Les décisions complètes et leurs traductions doivent être obtenues pour les deux équipes juridiques. Un accord apparent fondé sur des interprétations différentes de l’expression joint custody peut dissimuler un conflit sérieux sur les pouvoirs effectifs.

Résidence principale, voyages et transfert permanent de résidence

Un foyer principal peut favoriser la continuité éducative et sociale de l’enfant sans faire de l’adulte chez qui il réside une catégorie légale distincte de titulaire principal de la garde doté de pouvoirs illimités. Le STJ a reconnu que la garde partagée peut coexister avec une résidence principale autorisée à l’étranger. La licéité d’un transfert déterminé dépend néanmoins de l’appréciation de l’autorité compétente et des faits.

Un projet de transfert permanent de résidence doit traiter du séjour régulier, du logement, de la scolarisation, des soins de santé, des finances, de la prise en charge, des frais de voyage et du maintien d’une relation sûre et réaliste avec l’autre parent. Le consentement et les restrictions existantes doivent être examinés. Les perspectives offertes par une destination n’autorisent pas, à elles seules, le transfert ni ne libèrent des obligations imposées par une décision brésilienne ou étrangère.

La délivrance du passeport, l’autorisation d’un voyage et le consentement à l’établissement d’une résidence permanente sont des questions distinctes. L’article 11 de la Resolução CNJ nº 131/2011 prévoit que l’autorisation de voyage ne vaut pas autorisation de résidence permanente, sauf mention expresse. L’article 1.634 du Code civil traite également du consentement parental aux voyages à l’étranger et au changement de résidence permanente. Les documents précis doivent être vérifiés avant toute réservation ou tout départ.

Contacts et mise en œuvre pratique

L’article 1.589 permet de fixer les modalités de contact par accord ou décision judiciaire. Il n’existe pas de droit universel à un calendrier fixe d’un week-end sur deux, à quinze jours de vacances ou à une visite d’un mois deux fois par an dans chaque affaire internationale. L’âge, la distance, l’éducation, les soins déjà assurés, les besoins de soutien et les préoccupations de protection influent sur leur organisation.

Un dispositif détaillé doit prévoir les dates, les calendriers scolaires, la prise en charge et le retour de l’enfant, les vols, les accompagnateurs, les documents de consentement, les frais, la gestion du passeport et la communication virtuelle. Des remises dans un cadre neutre ou des contacts supervisés peuvent être appropriés lorsque les circonstances le justifient. La supervision exige un objectif clair, des modalités pratiques et un réexamen proportionné ; elle ne saurait reposer sur l’idée qu’un parent résidant à l’étranger présenterait, par nature, un risque.

Les difficultés effectives d’exécution doivent être consignées, avec la décision, les notifications, les tentatives de remise et les motifs invoqués. Un contact qui n’a pas eu lieu peut nécessiter une clarification ou une mesure d’exécution, mais les préoccupations crédibles de sécurité et le vécu de l’enfant doivent être appréciés. Le paiement des aliments et le respect des obligations de contact demeurent distincts ; aucun ne doit être traité comme une condition automatique de négociation de l’autre.

Décisions provisoires, preuve et réexamen ultérieur

Des mesures provisoires de garde ou de protection peuvent être sollicitées lorsque les conditions procédurales sont réunies. Un dispositif provisoire produit ses effets conformément à la décision et peut être réexaminé ultérieurement. Il ne faut présumer ni que toute affaire suit deux étapes rigides ni qu’une décision initiale préjuge du résultat définitif. Les preuves nécessaires et les possibilités procédurales dépendent des questions effectivement litigieuses.

Lorsqu’une évaluation spécialisée est nécessaire, il convient d’en définir les questions et de distinguer le professionnel assurant le suivi clinique de l’expert intervenant pour les besoins de la procédure. Les documents pertinents doivent être obtenus et produits licitement, avec une attention particulière aux données de santé et à la vie privée de l’enfant. Les communications complètes et les relevés de soins établis au moment des faits sont généralement plus utiles que des extraits décontextualisés ou des accusations non étayées.

Un changement substantiel peut justifier le réexamen de la garde ou des contacts selon la procédure appropriée. Une allégation de déplacement ou de non-retour international illicite soulève en outre le régime distinct de retour de la Convention de La Haye de 1980, notamment ses articles 16 et 19. Un parent ne doit pas rechercher une décision locale de garde comme si celle-ci faisait automatiquement échec à la procédure conventionnelle ou l’autorisait à emmener l’enfant de sa propre initiative, en dehors des voies légales.

Questions fréquentes

La garde partagée peut-elle se poursuivre si un parent vit hors du Brésil ?

Cela est possible. La responsabilité partagée se distingue d’une résidence physique répartie à égalité, et la distance ne la rend pas, à elle seule, impossible. La compétence, le bien-être de l’enfant, la prise de décision concrète et les exceptions légales doivent néanmoins être appréciés. Le dispositif doit préciser comment l’information, les décisions et les contacts sûrs fonctionneront au-delà des frontières.

La garde exclusive permet-elle un transfert international de résidence sans consentement supplémentaire ?

Il ne faut pas le présumer. La décision doit être lue à la lumière du cadre de l’autorité parentale, notamment de l’article 1.634 du Code civil. La garde exclusive n’entraîne pas automatiquement la perte de l’autorité de l’autre parent. Un transfert permanent de résidence, l’autorisation de voyage et la délivrance du passeport peuvent exiger des consentements différents ou une décision judiciaire.

Une répartition hebdomadaire égale n’est-elle possible que dans le cadre d’une garde alternée ?

La répartition concrète du temps doit être distinguée du régime juridique. La garde partagée n’exige pas des durées égales, mais des périodes importantes ou équilibrées ne caractérisent pas automatiquement la notion distincte d’exercice exclusif alterné. La décision doit décrire avec précision la prise de décision, la résidence et le calendrier.

Une maladie mentale ou un handicap empêche-t-il automatiquement l’exercice de la garde ?

Non. Une étiquette ne suffit pas à établir une inaptitude parentale. Le fonctionnement concret, le risque démontré, les besoins de l’enfant et les soutiens appropriés doivent être évalués à partir d’éléments fiables. La loi 13.146/2015 protège l’égalité des droits familiaux dans le contexte du handicap. Toute restriction doit reposer sur un fondement licite et proportionné.

Le droit brésilien garantit-il aux mères la résidence principale de l’enfant ?

Le genre ne fonde aucune préférence légale catégorique. Les soins, la sécurité, les relations et la situation de l’enfant doivent être appréciés. Des affirmations générales sur les pratiques sociales ne peuvent déterminer l’issue d’un cas individuel. Le dispositif proposé doit s’appuyer sur des preuves relatives à l’exercice parental et au bien-être, plutôt que sur des présupposés concernant l’un ou l’autre parent.

Le risque de violence domestique peut-il faire obstacle à la garde partagée ?

Les éléments révélant un risque probable de violence domestique ou familiale constituent une exception expresse au titre de l’article 1.584, paragraphe 2, du Code civil, modifié par la loi 14.713/2023. La sécurité des contacts et des remises doit également être traitée. L’appréciation judiciaire doit distinguer les allégations, les indices disponibles et les constatations établies, sans négliger la protection urgente.

Un régime de garde peut-il être modifié après une décision provisoire ou définitive ?

Une demande appropriée peut tendre à son réexamen au regard de circonstances substantielles et du bien-être de l’enfant. Les dispositions existantes demeurent applicables tant qu’elles n’ont pas été légalement modifiées ou suspendues. La reconnaissance internationale et les procédures connexes peuvent influer sur leur mise en œuvre ; il convient donc de fournir les décisions complètes et la chronologie plutôt que de s’en remettre à un résumé informel.

Une décision brésilienne de garde détermine-t-elle l’issue d’une demande de retour fondée sur la Convention de La Haye ?

Pas automatiquement. La Convention requiert une analyse propre du caractère illicite, du champ d’application et des exceptions. L’article 19 distingue la décision de retour du fond du droit de garde, et l’article 16 restreint la décision sur la garde dans l’État requis dans les circonstances qu’il précise. Les décisions existantes sont des documents pertinents dont la portée juridique doit être appréciée dans ce cadre.

AuteurDr. Mauricio Ejchel

Dr. Mauricio Ejchel exerce en droit international de la famille au sein de MF Ejchel International Family Law, avec une activité centrée sur les procédures de la Convention de La Haye, la garde transfrontière, les transferts internationaux de résidence et le divorce. OAB/SP 135.158. Avenida Marquês de São Vicente, 446, unit 706. Barra Funda, ZIP 01139-000, São Paulo, Brazil. www.internationallawyerbrazil.com

Révisé le 18 octobre 2026.

Sources officielles
Pour approfondir